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Port-au-Prince, 3 avril 2025 – Cela fait un an que le Conseil présidentiel de transition (CPT) promettait de ramener la stabilité en Haïti. Un an plus tard, le constat est accablant : la violence des gangs a gagné du terrain, les institutions sont exsangues, et la population, abandonnée à son sort, descend à nouveau dans la rue pour crier sa colère.

Le 12 avril 2024, les membres du CPT prêtaient serment sous les applaudissements de la communauté internationale, promettant des élections, une réforme constitutionnelle et, surtout, la reconquête du pays face aux gangs. Mais douze mois après, les chiffres parlent d’eux-mêmes :
– 85% de Port-au-Prince reste sous contrôle des gangs, selon l’ONU.
– Plus de 700 000 déplacés, un chiffre en hausse de 22% en trois mois.
– Des massacres à répétition, comme celui de Pont-Sondé (115 morts en octobre 2024) ou les récentes attaques à Mirebalais, où 529 détenus se sont évadés après l’assaut d’un commissariat.
– Seuls 20% des hôpitaux de la capitale sont fonctionnels.

Pire, les gangs étendent leur emprise au-delà de la capitale. Sodo, Mirebalais et d’autres communes, autrefois épargnées, sont désormais le théâtre d’affrontements et d’exactions. À Mirebalais, le transfert urgent des patients de l’hôpital universitaire, annoncé ce 3 avril par le Dr Ralph Ternier, illustre l’effondrement des services publics.

La transition, censée unir les forces politiques, s’est vite enlisée dans des querelles intestines et des accusations de corruption. Le limogeage du Premier ministre Garry Conille en novembre 2024, les tensions entre le CPT et les partis qui l’ont nommé, et l’absence de stratégie cohérente contre les gangs ont miné toute crédibilité.

Le Conseil électoral provisoire, mis en place avec des mois de retard, peine à organiser un scrutin dans un pays où les gangs dictent leur loi. Quant à la réforme constitutionnelle, elle semble reléguée aux oubliettes.

Ce jeudi 2 avril, des milliers de Haïtiens ont manifesté à Port-au-Prince, Bois Verna, Canapé-Vert, Turgeau, Solino et d’autres villes, exigeant “la sécurité ou le départ” des autorités. “On nous a menti ! Les gangs sont plus forts que jamais, et nos enfants ne peuvent même pas aller à l’école”, lance une manifestante sous couvert d’anonymat, par crainte des représailles.

Les barricades ont paralysé la capitale, tandis que des affrontements sporadiques entre gangs et forces de l’ordre rappelaient que la Mission multinationale (MMAS), pourtant présentée comme la solution, est un échec : seuls 1 000 policiers sur les 2 500 promis sont déployés, et leur impact reste marginal.

Les États-Unis et l’ONU continuent de soutenir le (CPT) Conseil Présidentielde Transition, mais les financements tardent. La proposition de transformer la MMAS en mission de l’ONU, défendue par Haïti, la France et Washington, bute sur les réticences de certains membres du Conseil de sécurité.

Pendant ce temps, la Russie critique “les ingérences extérieures”, et les survivants des violences, comme Rosy Auguste Ducéna, dénoncent l’inaction : “Les femmes et les enfants sont violés en toute impunité. Où est l’État ?”

Un an après son installation, le CPT a échoué sur toute la ligne. La population, elle, paie le prix fort. Sans sécurité, sans élections crédibles et avec une économie en lambeaux, HAITI SOMBRE CHAQUE JOUR UN PEU PLUS DANS LE CHAOS.

Les manifestants le résument d’une phrase : “Si ce gouvernement ne peut pas nous protéger, qu’il parte.” Mais qui, aujourd’hui, serait prêt à prendre la relève ?

Alors que les gangs se rapprochent des dernières zones encore épargnées, une question hante les Haïtiens : combien de temps leur faudra-t-il attendre avant de voir enfin la lumière au bout du tunnel ?

Jean Wesley Pierre

Catégories : Atualités

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